Dans mes deux précédents posts, j’ai décrit la pression qu’exercent les consommateurs sur les constructeurs pour concevoir la voiture du futur ainsi que ce qui pourrait être ses contours vers 2025. Aujourd’hui, je brosse un tableau de la manière dont les assureurs-auto s’y préparent.

La convergence entre l’assurance et la voiture intelligente n’est pas nouvelle. Les boitiers électroniques mis en place par les assureurs pour collecter des données dans les offres « pay as your drive » leur ont déjà permis de sélectionner les risques et de calculer le montant des primes.

Si cette stratégie innovante a connu des succès divers en Europe, plus de 500 000 souscripteurs ont adhéré à l’offre conjointe d’Octo Telematics et 5 assureurs en Italie, selon l’Université de St Gall.

Création de nouveaux services

Avec les données collectées grâce à la technologie déjà embarquée, les assureurs peuvent ajouter à leur offre de nouveaux services à valeur ajoutée, comme des diagnostics de la voiture, un service de conciergerie et même encore davantage, le tout livrable aux conducteurs à travers des outils placés soit dans l’habitacle, soit dans un smartphone ou une tablette.

Tous ces équipements ont le potentiel d’augmenter les revenus des assureurs et de leurs partenaires. Des partenariats avec les constructeurs auto vont aussi créer de nouvelles activités comme les courtiers en informations.

Obsolescence des anciens modèles

S’il existe bien des opportunités pour les assureurs, il ne faut pas occulter que les modèles traditionnels de l’assurance sont menacés de disruption. L’émergence des voitures autonomes comme de l’auto-partage pourrait tout bouleverser de l’accidentologie aux questions de responsabilité.

Les assureurs doivent se poser certaines questions sur les voitures sans chauffeur :

  • Est-ce la fin des accidents ? Faut-il dès lors supprimer les airbags ?
  • En cas d’accident d’une voiture sans chauffeur, qui sera responsable ? Le constructeur automobile ou le fournisseur de technologie ?
  • Quel rôle vont jouer le gouvernement et les autorités de régulation dans le développement de ces véhicules ?
  • Comment exploiter l’énorme gisement de nouvelles données issues des véhicules du futur pour optimiser les produits et calculer les primes ?

Ces questions ne sont pas neutres. Cincinnati Financial Corp, qui réalise près d’un quart de son activité dans l’assurance auto des particuliers et des professionnels, a indiqué dans son rapport annuel que le nombre de ses clients pourrait baisser à l’avenir en fonction du succès d’innovations comme la voiture sans chauffeur.

Je m’attends à ce que les assureurs passent au final de l’assurance d’une voiture à la couverture d’un ensemble de produits. Si la responsabilité est transférée des conducteurs aux fabricants de logiciels, il deviendra inutile de s’intéresser à la capacité des automobilistes à tenir un volant.

Au final, face à la complexité de ces enjeux, constructeurs automobiles, assureurs, apporteurs de technologies et des systèmes télématiques ont intérêt à collaborer. Une fois réunis dans un nouvel écosystème, ces acteurs pourront saisir toutes les opportunités et minimiser les risques, afin de donner au consommateur ce qu’il attend.

Dans mon prochain post, je donnerai des exemples pour illustrer mon propos.

En savoir plus:

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