Dans le post précédent, je vous faisais l’éloge de la blockchain, et je m’engageais en prédisant qu’elle aurait un profond impact sur les assureurs. Je vous présente ici quels différents usages sont susceptibles d’en découler.

Il existe une variété d’applications pour la technologie blockchain, existantes et futures. Je vous en détaille quelques-unes.

  • La blockchain peut être utilisée pour échanger des actions et des obligations. Le Nasdaq construit un système pour l’utiliser pour des marchés privés. Overstock, une entreprise de commerce électronique américaine, a reçu l’accord du gendarme boursier américain, la SEC, pour l’employer afin d’émettre ses titres via une plateforme d’échange alternative (ATS) au Nyse ou au Nasdaq.
  • Le stockage d’information sécurisée est une application intéressante de la blockchain. Elle peut stocker des enregistrements pour l’assurance santé et la carte maladie (sous réserve bien sûr des contraintes de data privacy notamment en Europe). La société Genecoin développe par exemple un service qui permet aux clients de stocker une copie de leur ADN.

On pourrait imaginer pouvoir authentifier des cartes d’identité, des titres de propriété ou des documents à valeur juridique probante. Cela pourrait constituer un facteur déterminant de réduction de la fraude dans la gestion des sinistres par exemple.

  • L’effet de la blockchain sur les produits d’assurance n’est pas aussi net que pour la banque et prendra probablement plus de temps à émerger. Compte tenu, d’une part, de la vitesse et de la facilité avec lesquelles des contrats seraient à même d’être conclus, et d’autre part, de la fonction d’horodatage de la blockchain, la mise en œuvre de contrats individualisés reflétant le risque réel serait facilitée. A l’instar d’assurances auto à la demande, effectives seulement durant les heures de conduite de la voiture.
  • Il est possible d’imaginer que la blockchain prenne une place importante en créant et en gérant de grands programmes commerciaux d’assurance où des organisations différentes assument des tranches séparées du risque. Rien ne s’opposerait non plus à ce qu’elle soit aussi utilisée pour gérer des transactions assureur-réassureur.
  • Enfin, je vois aussi un débouché dans une organisation collaborative ou des mécanismes d’assurance sociale pair à pair (P2P). Ils utiliseraient des contrats blockchain pour éviter de faire appel aux assureurs et fonder leur propre instrument de couverture. Dans ce cas, il est possible que le rôle des assureurs se concentre sur des domaines spécialisés comme le « risk management » et la gestion de sinistres complexes.

Alors que les investissements dans des start-up utilisant la blockchain ont été massifs, des initiatives  s’organisent pour garder ce dispositif ouvert et accessible sous la forme d’un projet de grand livre ouvert.

Un partenariat sous l’égide de la fondation Linux et de grandes entreprises comme Accenture, Cisco et IBM, s’est noué pour créer une version libre et open-source d’une nouvelle technologie appelée « Hyperledger ». Son objectif : ré-imaginer comment les titres de propriété et la valeur sont traités dans une économie digitale.

Comment cela marcherait-il ? Prenons un exemple simple. Vous voulez acheter une nouvelle maison. Imaginez-vous signer une multitude de documents, approuver l’évaluation du bien, transférer l’argent, etc, le tout en quelques jours au lieu de semaines ou de mois. Il n’est pas absurde qu’un jour la blockchain rende cela possible.

En savoir plus :

Lire : « Ces technologies qui vont transformer l’assurance » (Le Cercle Les Echos)

Lire : « Blockchain et assurances » (Blockchain France)

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