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Moderniser son patrimoine Mainframe est une option souvent mise de côté, au profit d’actions tactiques aux périphéries des systèmes. Néanmoins on constate de plus en plus que le marché, face aux pressions budgétaires, franchit le pas et qu’une sortie du Mainframe se conjugue désormais au présent. Dans ce nouvel épisode du podcast Parlons Changement, Esther Cour (Managing Director , Responsable de l’offre Digital Enterprise & Modernisation du Legacy) et Rémi Bin (Senior Manager , Technology, Strategy & Advisory) échangent sur les enjeux de modernisation du Mainframe pour les entreprises du Secteur Financier. En vous souhaitant une excellente écoute !

(Temps d’écoute : 12 mn)

La transcription ci-dessous a été éditée pour en préserver la concision et la clarté.

Qu’est-ce que le Mainframe ?

Ce sont des systèmes informatiques qui ont permis la première vague d’informatisation, à l’échelle, des institutions financières dans les années 60 à 80. Ils sont connus pour leur efficacité, leur robustesse et leur fiabilité.

C’est le cœur du réacteur des Services Financiers où la majorité des opérations de souscription, de gestion des contrats, de tenu de compte et de gestion des sinistres sont réalisées… On y retrouve par exemple la plupart des comptes bancaires, des contrats d’épargne ou d’assurance vie des particuliers, professionnels ou entreprises.

Un chiffre pour illustrer : 90% des paiements dans le monde sont encore opérés par le Mainframe aujourd’hui. Selon le dernier rapport annuel d’IBM, c’est 3,5 fois plus de transactions opérées par jour en 2021, que 10 ans auparavant.

Ce sont pour la plupart des systèmes extrêmement critiques, souvent classifiés OSE – « Services Essentiels » par l’État Français de fait de leur importance systémique. Ils traitent quotidiennement des volumes d’information extrêmement volumineux avec performance, fiabilité et une extrême sécurité.

Entreprendre la modernisation de ces systèmes, c’est adresser un point majeur de transformation chez nos clients.

Pourquoi les acteurs des Services Financiers envisagent-ils de moderniser ce patrimoine Mainframe?

Plusieurs effets se cumulent. Dans un environnement à taux bas, la pression sur les coûts se fait sentir à chaque étage de l’organisation. Le système d’information n’en est pas exempté – en particulier le Mainframe considéré comme onéreux.

La multiplication des couches logicielles et la multiplication des générations d’architecture complexifient les Systèmes. Cette complication ajoute une forte pression sur les coûts des projets et les coûts de production. Nous constatons chez nos clients en France, une croissance structurelle des budgets de production sur ces systèmes à hauteur de 3 à 6% par an selon les acteurs.

Le digital, démultiplié par la situation Covid, a abaissé les barrières d’entrée des Services Financiers :  les acteurs traditionnels se retrouvent en compétition avec de nouveaux entrants, qui sont nativement construits dans le Cloud, beaucoup plus flexibles et agiles. A titre de comparaison, le temps de mise en marché est en moyenne de 12 à 18 mois sur des systèmes historiques contre 3 à 6 mois pour des systèmes « modernes ».

Enfin, les sachants et les compétences se rarifient – autant en interne qu’en externe. Cela se traduit par une perte de compétences dans la maîtrise des systèmes et une difficulté à trouver des talents disponibles. Cela laisse entrevoir un risque industriel.

Après 40 années de bons et loyaux services, les enjeux du Secteur Financier font que l’on atteint les limites de ces systèmes : la modernisation est incontournable.

En quoi est-ce une limite aux développements des acteurs des Services financiers ?

Pour répondre à cette question, regardons déjà ce qu’il se passe sur le marché. Les Services Financiers doivent répondre à 4 enjeux de compétitivité :

  1. L’accélération de la digitalisation de leurs produits et services, pour fournir une expérience en temps réelle et sans couture à leurs clients. C’est la nouvelle norme post-COVID
  2. La modularisation des produits, permettant de proposer une valeur nouvelle (ex. assurances à l’usage, facilités de paiement dans le bancaire…)
  3. L’automatisation de bout-en-bout de la chaîne de valeur bancaire ou assurantielle, notamment en capitalisant sur la donnée et l’intelligence artificielle
  4. L’ouverture aux écosystèmes de marché – ce qu’on appelle « l’Open Banking » et « l’Open Insurance » – qui permet aux Services Financiers d’ouvrir leurs activités à des partenaires ou de se positionner en « place de marché » sur de nouveaux secteurs (ex : mobilité, assistance à domicile)

Ces évolutions tirent de nouveaux enjeux pour les systèmes informatiques :

  • Avoir la capacité d’interagir en temps réel,
  • Créer ou adapter les produits en cycle plus court,
  • Centrer les évolutions autour de la donnée Client,
  • Être hautement imbriqué avec des partenaires externes.

Mais effectivement il y a des limites. Le Mainframe est une technologie qui ne répond pas pleinement à ces nouveaux enjeux :

  • Ce sont des systèmes conçus pour traiter des volumes importants plutôt que des opérations en temps réel. Ils sont structurellement développés pour des traitements complexes, avec une orientation « service » faible. Cela réduit les capacités d’interaction avec le Digital
  • Ce sont aussi des systèmes qui résultent de décennies d’évolutions et qui ont donc cumulé des couches de traitement (ex : couche de services d’abstraction…) et de complexité et dont on a souvent perdu la maîtrise. Ces mécanismes ne suffisent plus pour répondre aux enjeux d’agilité et de temps de vitesse actuels.
  • Ce sont des monolithes applicatifs, soit des systèmes dévelopés d’un seul tenant dans lesquels la donnée est captive. Aujourd’hui avec ce besoin d’être centré autour de la donnée, les travaux menés en matière d’ouverture des systèmes (ex : APIsation), de modularisation, et de déchargement de données (off-loading), n’ont pas réussi à prouver toute leur valeur et à évoluer vers des modèles « data-centric ». Ce qui est une priorité pour demain.

Enfin la compétitivité de demain des Services Financiers passera par une révolution technologique – tirée notamment par le Cloud. Face à ce défi, la modernisation des patrimoines mainframe devient priorité.

Aujourd’hui le constat que l’on fait chez nos clients des Services Financiers est le suivant : démarrer une stratégie de désengagement des systèmes Mainframe est devenu un enjeu d’entreprise.

Tout le monde a dans le viseur la fin du mainframe.  Mais par quoi pourrait-on le remplacer ?  

L’avenir technologique des Services Financiers est assurément tiré par le Cloud. Les Services Financiers constituent une industrie extrêmement réglementée. Il y’a des évolutions technologiques – comme le Cloud – et des contraintes de législation. La législation européenne a beaucoup évolué ces dernières années depuis les Digital Rights Ireland de 2014 jusqu’aux récents Digital Service Act, Digital Market Act, et les orientations fortes en faveur d’un « Cloud de Confiance » sont autant d’accélérateurs permettant de démultiplier l’usage du Cloud pour les Services Financiers. Cela ouvre des opportunités majeures et nouvelles en ce qui concerne le Mainframe.

Les approches sont les suivantes : une approche consiste à « replace », soit remplacer totalement les systèmes, mais ce type de projets sont très complexes, coûteux et qui plus est risqués. Pour cette raison nombre d’acteurs du Secteur Financier y renoncent. Il existe cependant d’autres chemins possibles, dont 2 dominent les réflexions sur le marché :

  • La première étape, est l’étape de mise en place d’une technique de « re-platformisation » qui, à l’aide d’un logiciel, va permettre de faire fonctionner le système Z/OS et le code COBOL sur des plateformes techniques open sources.  Cette modernisation représente déjà un progrès car elle permet de se désensibiliser de la technologie du Mainframe d’un point de vue infrastructure et de faire des économies sur le coût de run du patrimoine. Je parle bien de désensibilisation, car cette méthode va en réalité préserver le code COBOL existant, sans s’attaquer à son fonctionnement intrinsèque.
  • La seconde étape de la modernisation dite « re-imagine » consiste à s’attaquer structurellement à ce code. Du fait d’avoir des économies et de s’être donné cette flexibilité en étant dans le Cloud, on va pouvoir entamer une trajectoire plus progressive de remplacement de ce patrimoine à l’occasion de ces différents projets métier : soit en remplacement tout ou partie du patrimoine par un outil de marché et soit en modernisant progressivement et « par appartement » le patrimoine à l’aune des nouveaux projets métiers. Cela consiste à sortir ces domaines pour les réécrire selon des principes aux standards du marché (API First, centré sur la donnée, etc.) comme expliqué précédemment.

Face au défi technique, au risque industriel et à l’investissement financier nécessaire à ces transformations, il y a un intérêt fort de combiner ces approches :  replateformation et réimagination de ce patrimoine dans le nouveau monde.

Cette approche est intéressante car permet de réaliser des économies significatives et puis réinventer leur métier au travers de l’évolution de ces plateformes.

Quelles compétences sont nécessaires et comment Accenture aide ses clients ?

Accenture offre une gamme de services complète allant de la stratégie aux opérations.

Sur le sujet du Mainframe, nous permettons à nos clients de se réapproprier leur patrimoine, de le mettre sous contrôle, pour être en mesure d’exécuter une transformation en sécurité et en confiance.

Nous mobilisons des équipes pluridisciplinaires pour aider nos clients à définir leur stratégie de modernisation et de leur proposer l’approche de désengagement la plus judicieuse dans leur contexte, en tirant l’agenda par des initiatives métiers clés.

Nous disposons aussi de centre d’excellence qui nous permettent de faire du plateforming et de la cloudification à grande échelle, pour l’exécution de projet de modernisation. En particulier, notre capacité de re-plateformisation du Mainframe pour laquelle nous avons noué des partenariats solides avec les leaders et les industriels du secteur. Nous sommes notamment en mesure d’exécuter ces travaux à l’échelle internationale, pour nos clients globaux.

Accenture, c’est aussi Accenture Cloud First. 3 b$ d’investissement sur le Cloud au service de nos clients. Notre conviction est que le renouveau technologique passera par une action simultanée de désengagement du Mainframe et d’adoption du Cloud. C’est en ce sens que nous accompagnons nos clients, et de manière outillée – notamment avec Accenture MyNav.

Enfin, ce qui fait la différence sur des projets de désengagement mainframe, c’est la capacité à :

  • Sécuriser la reprise, à grande échelle,
  • Sécuriser grâce à un fort niveau d’industrialisation,
  • Exécuter dans une approche économique permettant de dégager des marges de manœuvre opérationnelles à court terme,
  • Ne pas réduire les contraintes sur l’intégration de nouveaux besoins pendant l’exécution de la transformation,
  • Et réussir dans le New, dans le monde de demain.

Pour en savoir plus sur nos savoir-faire en matière de stratégie de modernisation du patrimoine n’hésitez pas à nous contacter :

@Esther Cour (Managing Director  –  CIO Advisory – Responsable de l’offre Digital Enterprise & Modernisation du Legacy)

@Remi Bin (Senior Manager  –  Technology, Strategy & Advisory – Services Financiers)