Comme je le notais dans mon dernier billet, c’est un article sur l’innovation radicale tiré d’un journal allemand qui m’a convaincu du fait que les compagnies d’assurance ont besoin de mettre le paquet sur l’innovation. L’un des interviewés, Volker Anderlfinger, de Palatine Consulting a d’ailleurs fait une remarque des plus osées. Selon lui, un certain nombre d’assureurs ne se rendent pas compte de l’impact que peuvent avoir les objets connectés dans leur métier, ni des opportunités qu’ils peuvent représenter.

Quelles sont ces opportunités que nous semblons rater ? Qu’est-ce que cela dit de notre besoin radical d’innovation ?

Assurance Innovation Khalid LahrouiTout d’abord, éclaircissons le terme d’objets connectés. Selon Wikipédia, cela représente « l’extension d’Internet à des objets et à des lieux dans le monde physique » (soit la réalité augmentée, les puces RFID…). En d’autres termes, chaque objet connecté a une adresse IP unique. Cela annonce l’avènement de ce que certains appellent l’industrie 4.0, comme les cités intelligentes, maisons intelligentes…

Ces objets connectés permettraient de collecter beaucoup de données, les fameuses « big data ». Les compagnies pourraient ainsi les utiliser pour évaluer les performances des équipements et matériels, précommander des produits ou services de rechange, ou prévoir les pannes avant qu’elles n’aient lieu.

Dans le secteur commercial et industriel, les objets connectés pourraient être utilisés par les assureurs afin de transformer l’évaluation et la gestion des risques clients. De plus, grâce à ce type de données, les services pourraient avoir une plus grande valeur ajoutée comme, par exemple, des alertes pour prévenir les pannes, ou déterminer la capacité d’une usine à produire davantage dans le cas d’une forte demande. Ce dernier service pourrait se révéler très utile pour des entreprises vendant de l’énergie sur le marché spot.

Pour le marché de l’IARD, Il existe beaucoup d’applications à partir d’objets connectés dans l’assurance automobile. Ainsi, récompenser les bonnes pratiques au volant n’est qu’un début : on peut aussi penser à des astuces, des itinéraires optimisés, des alertes météo… Un assureur innovant pourrait imaginer plus d’une chose pour intégrer le quotidien du client à partir de ces objets connectés. La BMW i est un bon exemple de ce qui peut être fait dans ce domaine, au-delà de la conduite pour offrir une vraie expérience de vie au conducteur.

Les assureurs doivent décider s’ils veulent prendre le contrôle du secteur, ou le laisser aux fabricants de voitures.

Autre exemple : utiliser un tapis connecté, qui alerterait un assureur santé qu’un senior est tombé, et enverrait un message à un médecin ou un voisin. Cela peut paraître surfait, mais il met en avant le type de cheminement que doit faire l’assureur pour se rendre indispensable. (Accenture Interactive a acquis des entreprises comme avVenta, Fjord et Acquity afin de rendre possible ce type de projet.)

Il est nécessaire pour les assureurs de commencer à générer des idées comme celles-ci et d’en évaluer la faisabilité. Adopter une telle approche les aidera à prendre part à ce nouveau monde, à construire de façon proactive de nouvelles relations-clients et, je l’espère, à donner envie aux plus jeunes d’intégrer notre industrie.

L’approche que j’ai privilégiée est de regarder au-delà du produit d’assurance amélioré pour offrir une solution pertinente par rapport au mode de vie et aux besoins du client.

Pour mon prochain billet, je montrerai l’importance de s’attacher au concept de « solutions » plutôt qu’aux produits pour être capable d’innover radicalement.

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