78% des directeurs financiers déclarent augmenter leurs investissements dans les technologies du numérique afin d’améliorer leur performance opérationnelle. Il y a donc peu de doute à avoir, la finance du futur sera digitale.

Au-delà de cette prédiction particulièrement dans l’ère du temps, la question est : quelles technologies, pour quelle valeur ?

Accenture accompagne actuellement plusieurs acteurs français et internationaux de l’industrie de l’assurance dans leurs initiatives de transformation de la fonction finance, de la phase de cadrage à la mise en œuvre de solutions informatiques, en passant par la refonte des processus et du modèle opérationnel.

Cet article est le premier d’une série consacrée aux enjeux de ces programmes, tant sur les aspects technologiques qu’humains, en mettant à profit l’expérience acquise sur le terrain aux côtés de nos clients.

Les ERPs Finance (Enterprise Resource Planning) sont au cœur des architectures applicatives des domaines comptables. A l’intersection entre les SI de gestion, les comptabilités auxiliaires et les entrepôts de données, les ERPs ont la lourde tâche d’intégrer des données de nature et de granularité très variées, mais également celle de les rendre exploitables par des métiers de plus en plus exigeants en termes d’efficacité opérationnelle et de capacité d’analyse.

Ces dernières années, les grands éditeurs ont fait évoluer leurs solution phares vers de nouvelles versions représentant les ERPs nouvelle génération.

Bien que les versions précédentes aient encore quelques années devant elles, ces dernières moutures méritent que l’on s’y intéresse.

En effet, les plus grandes évolutions sont souvent les plus simples, les plus intuitives… Et c’est ce que nous proposent aujourd’hui les éditeurs.

LA PROMESSE DE L’ERP INTÉGRÉ… ENFIN TENUE !

Par définition, un ERP est intégré. Ce qui signifie que l’ensemble de ces modules sont nativement connectés les uns aux autres. Pourquoi ? Pour s’affranchir des travaux de réconciliation, fort pénibles et chronophages. Mais les ERPs n’ont pas été conçus pour répondre aux enjeux de la comptabilité des sociétés d’assurance. La promesse de l’intégration ne peut alors être que partiellement tenue puisqu’elle se limite aux périmètres gérés dans l’outil : la comptabilité des frais généraux, les immobilisations et la comptabilité générale.

Pour tout le reste, l’ERP doit être appuyé par des solutions périphériques et des entrepôts de données capables de supporter la granularité – et donc la volumétrie – nécessaire à l’analyse et aux reportings financiers, toujours plus exigeants. Ce qui entraine donc des interfaces, des mappings, des rejets, des recyclages, des écarts, etc…

Idéalement, l’ERP assurance devrait donc étendre son champ d’application pour réellement tenir sa promesse d’intégration. Il devrait nativement être connecté à son écosystème pour limiter au maximum les réconciliations et ainsi – enfin – permettre aux comptables de se concentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée… Comme leur future comptabilité IFRS17 par exemple.

Et c’est justement cela, la proposition de valeur de ces nouvelles solutions.

Le concept est simple : rassembler des données financières dans une plateforme unique. Dans un contexte de comptabilité des sociétés d’assurance, cela signifie la centralisation en comptabilité de l’ensembles des données nécessaires au reporting jusqu’alors stockées dans des bases périphériques. Cette performance est rendue possible grâce à de nouvelles bases de données à l’état de l’art de la technologie (in memory) permettant de stocker et manipuler un tel volume de façon instantanée. Plus de duplication de données, plus de réconciliation. CQFD.

ET LA CONSOLIDATION ?

Quand on parle de réconciliation de données, le sujet de la consolidation arrive rapidement sur la table : en effet, la remontée des chiffres au groupe est en général pénible et chronophage.

Et ici aussi, les ERP nouvelle génération se démarquent des ERP traditionnels par la promesse de l’intégration en temps réel : l’outil de consolidation sera directement connecté à la comptabilité via un connecteur natif et l’impact des données comptables sur la consolidation sera affiché sans latence pour le management. Fini donc les batchs de nuit, les opérations d’ETL (Extract-Transform-Load), les problèmes de format de données, la maintenance des jobs ou les opérations de « freeze » qui rallongent les délais de clôture. Ce qui est particulièrement intéressant dans un contexte d’évolution des normes groupe…

Si ces promesses restent à implémenter de façon concrète, on peut de façon certaine anticiper une forte réduction du temps nécessaire à la clôture comptable ainsi qu’une augmentation de la fiabilité des chiffres disponibles grâce à la diminution de tâches manuelles.

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE À PORTÉE DE MAIN

Les technologies de l’intelligence artificielle progressent chaque jour, et dans tous les domaines. Mais pour la rendre opérable, elle doit être accessible, intégrée à nos outils donc… N’est-ce pas SIRI ? C’est fort de ce constat que les éditeurs ont enrichi (en option tout de même) leurs ERPs avec des fonctionnalités de type RPA* et AI/Machine Learning.

Faisons un petit tour d’horizon de ces solutions pour en évaluer les éventuels bénéfices pour des équipes comptables…

  • RPA – Les robots « exécutant »

De quoi s’agit-il ? L’approche est simple : automatiser l’exécution d’un processus faisant intervenir plusieurs outils (mail, excel, ERP…) en enregistrant les opérations à effectuer telles que des clics, des saisies de données, des calculs, etc…

La valeur est évidente : un robot travaille vite et n’a pas besoin de faire de pause… Attention tout de même à la stabilité des processus sélectionnés, les robots évoqués ici se « contentant » de mimer des opérations connues.

En comptabilité, on peut envisager le chargement d’écritures en masse réceptionnées via une adresse email dédiée, l’exécution d’opérations de clôture en chaine et les contrôles associés ou encore la gestion de demande d’acompte de la part de fournisseurs.

  • Intelligence artificielle et Machine Learning – les robots « apprenant »

De quoi s’agit-il ? Ici les algorithmes utilisés sont plus élaborés car ils permettent d’améliorer l’exécution sur la base de l’expérience des opérations déjà effectuées.

Dans ce domaine, des premiers cas d’usage sont connus : le lettrage de « postes ouverts » ou encore l’extraction de données dans des documents non structurés, mais le potentiel est immense et nous n’en sommes qu’au début. L’enjeu aujourd’hui est donc d’identifier les meilleures applications, c’est-à-dire celles qui offriront un retour sur investissement rapide, que ce soit à travers des gains d’efficacité significatifs, ou en améliorant la valeur des analyses et des forecasts.

PREMIER RETOUR D’EXPÉRIENCE

Forts de notre expérience acquise sur des programmes de transformation impliquant ces ERP nouvelle génération, nous avons pu constater chez nos clients les bénéfices de ces nouveaux outils simplifiant grandement l’architecture des systèmes d’information des domaines finances.

En effet, en intégrant l’ensemble de la chaine de production en aval de l’intégration comptable, les opérations de clôture deviennent plus fluides, plus rapides et de meilleure qualité.

En outre, la centralisation des données mêlée à une infrastructure performante a ouvert le champ des possibles en termes d’analyse via la possibilité de connecter simplement le « cœur historique » ERP aux modules de calcul/simulation (type EPM) et de reporting (analytics).

Dans l’ensemble, bien plus qu’une simple montée de version de logiciels vieillissants, nous avons pu constater avec nos clients qu’il s’agit d’une réelle nouvelle étape dans la digitalisation de la fonction finance des assurances. Et les comptables, contrôleurs de gestion etc… ne s’y trompent pas : tous souhaitent se former à ces outils nouvelle génération qui leur permettent de s’adapter et de se former à leur métier en pleine mutation.

Dans le prochain article de cette série, nous continuerons nos réflexions en abordant le volet organisationnel afin d’y développer les enjeux et notre point de vue sur cet aspect primordial dans tout programme de transformation de la fonction finance.

Vous êtes intéressé et aimeriez en savoir plus ? N’hésitez pas à nous contacter pour approfondir ces questions.

@Fernand Goncalves (Senior Manager Banque et Assurance)

@Thomas Veber (Technology Consulting Manager F&R)