Accenture est aujourd’hui le partenaire privilégié des grandes compagnies d’assurance dans leur programme de transformation IFRS 17* . Ce positionnement nous confère une vision globale de l’état d’avancement du marché et des problématiques liées au déploiement de la norme. Nous vous proposons de partager dans cette chronique notre vision de l’état d’avancement.

Episode #2 – Où en êtes-vous de votre plan de navigation ? comment maintenir le cap ?

Co-écrit avec Nesrine Ben Ahmed

Précédemment dans nos chroniques, nos héros allaient s’embarquer dans la plus grande aventure que le secteur de l’assurance ait connue. Dans cet épisode, nous vous donnons de leurs nouvelles et vous contons leur cheminement.

Voyager dans un environnement aussi incertain, aussi longtemps laisse peu de place à l’improvisation. Les assureurs l’ont bien compris et, sans exception, ont démarré leur projet par une première phase de cadrage : il fallait d’abord désigner le capitaine et son équipage, les former et les sensibiliser à cette norme complexe, afin qu’ils soient en mesure de comprendre ses enjeux et ses implications : identifier quels impacts sur les processus comptables et actuariels, sur le pilotage de résultat… et leurs interdépendances ?

  • Comment faire évoluer l’architecture applicative pour prendre en compte les impacts de la norme, qui dépassent largement le cadre actuariel et comptable ?
  • En quoi le reporting financier est structurellement réinventé ? Et comment les indicateurs et les leviers de pilotage seront à redéfinir ?
  • Quelles sont les options de transition ? comment les mettre en œuvre ?

Une fois ces principaux impacts appréhendés et l’effort nécessaire mesuré, l’équipage a élaboré un plan de navigation avec pour cap 2021.

La course est lancée : l’heure est actuellement à l’implémentation de la norme !

En fonction des chantiers à mettre en œuvre, les assureurs sont plus ou moins avancés. Nous avons identifié 4 grands axes ou domaines de transformation :

  1. D’abord, le chantier IT sur lequel les compagnies d’assurance avaient le choix entre « Make or Buy [1] » selon leur architecture cible définie : un groupe d’assurance par exemple, a sélectionné et implémente actuellement une solution de marché de calcul de la CSM, un autre a décidé de concevoir sa propre solution en s’appuyant sur des technologies innovantes ouvrant la porte à des usages plus larges que la conformité règlementaire.  D’autres évaluent encore ces deux stratégies à l’aune de leurs coûts de mise en œuvre, de leur capacité à faire – ou à maintenir – en interne et des risques associés.
  2. Concernant le chantier méthodologique, plusieurs options restent encore à l’étude (modèle de valorisation, méthodologie de calcul du risk adjustment, granularité des groupes de contrats…). L’environnement normatif encore incertain, ainsi que les discussions en cours entre assureurs pour faire émerger des positions de place (et mener les actions de lobbying, si nécessaire) expliquent cette situation, et exigent une approche pragmatique de ces options en s’appuyant notamment sur une bonne compréhension des impacts par le biais de simulations,
  3. Sur les aspects processus, les réflexions lancées portent tant sur l’identification des impacts des IFRS17 sur le calendrier de clôture (projection des délais de clôture, identification des points durs…) que sur les modalités de production des comptes (établissement des nouveaux reporting IFRS, interactions entre normes…). Les enjeux organisationnels et l’éventuelle redéfinition des rôles et responsabilités entre départements (comptabilité, risque, actuariat, contrôle de gestion) restent en général un chantier qui reste à adresser à l’aune d’une meilleure compréhension des enjeux opérationnels,
  4. Concernant le chantier autour du pilotage du résultat, l’état d’avancement des acteurs reste en retrait à date.  A ce stade, peu d’assureurs ont en effet stabilisé leur réflexion autour des nouveaux indicateurs de pilotage ou de la production d’un Business Plan en vision IFRS 17. Les travaux vont probablement s’intensifier dans les prochains mois, à mesure que la compréhension fine des impacts de la norme et des leviers de pilotage se renforcera.

Voici donc l’état d’avancement des principaux chantiers IFRS 17 à aujourd’hui. In fine, au-delà de l’avancement en termes d’implémentation et du niveau d’ambition de sa cible, il nous apparaît primordial d’avoir finalisé le cadrage afin de permettre d’entrer pleinement et sereinement de la phase de mise en œuvre.

Qu’entendons-nous par-là concrètement ? Il s’agit :

  • D’avoir compris les enjeux d’IFRS 17 et formé ses équipes projets mais aussi le top management à la norme et à ses impacts,
  • D’avoir établi les options normatives ouvertes et d’en avoir simulé les impacts financiers,
  • D’avoir défini une architecture cible afin d’établir une vision claire de sa trajectoire de transformation et de pouvoir dérouler la suite, tant d’un point de vue fonctionnel (flux de données, modèles de données et granularité, etc…) que technique (« Make or Buy »),
  • D’avoir lancé les appels d’offres éditeurs et intégrateurs en regard de ces options,
  • D’avoir structuré une organisation en capacité d’accompagner le programme sur tous ses aspects, en n’omettant pas d’aborder les aspects organisationnels et l’accompagnement des équipes opérationnelles pour permettre leur prise en main progressive des enjeux.

C’est d’abord et surtout cette culture orientée projet qu’il faudra veiller à insuffler et à maintenir tout au long de la vague transformationnelle qu’IFRS17 va induire dans les équipes de la direction financière et cela devra être fait en tenant compte du quotidien des équipes (clôture trimestrielle, productions du plan, etc…).

En conclusion, nous serions ravis d’échanger avec vous sur ces différents aspects, et vous apporter notre support et l’expertise que nous avons acquise pour vous permettre de sécuriser cette première étape, adresser les points qui resteraient ouverts à date, et permettre une transition sereine vers les phases de mise en œuvre.

Rendez-vous au prochain épisode de nos chroniques IFRS 17 !


*Cf. Article dans Capital « les meilleurs cabinets de conseil », 1er octobre 2018
[1] Make : concevoir et développer ses propres outils, Buy : Acheter et intégrer une solution du marché