Accenture vient de publier une étude de grande ampleur sur le secteur de l’assurance en Europe, riche d’enseignements pour les assureurs quel que soit le pays où ils exercent leur activité. Je me propose d’examiner certaines des conclusions de ce rapport au fil de mes prochaines chroniques.

Il ressort de l’étude, et c’est à mon sens le principal enseignement, que la majorité des assureurs ont adhéré au concept de transformation digitale et y consacrent des ressources non négligeables. 78% des personnes interrogées prévoient ainsi que leur entreprise va augmenter ses investissements dans ce domaine au cours des trois prochaines années.

Les sommes allouées à la stratégie digitale sont vraiment significatives : en moyenne 51 millions d’euros (69 million de dollars) sur trois ans pour les assureurs généralistes, 30 millions d’euros (40,6 millions de dollars) pour les assureurs IARD et 21 millions d’euros (28,4 millions de dollars) pour les compagnies d’assurance vie. Ces chiffres sont à mettre en parallèle avec les 16 millions d’euros que les assureurs prévoient en moyenne d’affecter à leurs investissements sur la fonction sinistres sur les trois prochaines années (pour de plus amples informations sur le sujet, lire la récente étude d’Accenture Claims survey for Europe, Africa and Latin America.

Ces ordres de grandeur se justifient par l’importance de l’enjeu sur le plan économique pour les assureurs. Côté recettes, les compagnies d’assurance prévoient que le montant des primes nouvelles encaissées sur les canaux digitaux doublera entre 2012 et 2016, de 12 milliards d’euros (16,2 milliards de dollars) à près de 25 milliards d’euros (33,8 milliards de dollars). Une progression de 110,5 %  en trois ans, qui traduit une réelle inflexion dans les plans des assureurs européens.

Ces nouvelles perspectives de revenus vont de pair avec des économies de coûts potentiellement substantielles sous l’effet de la digitalisation des processus métiers et d’un traitement entièrement automatisé. La digitalisation permet également d’optimiser les coûts d’acquisition clients grâce à l’utilisation de l’analytique et  d’améliorer la rétention en combinant  personnalisation, expérience client enrichie et plus grande proximité client.

Les acteurs les plus réactifs et les assureurs qui sauront se transformer  pour devenir des assureurs digitaux et plus proches de leur clients pourront  développer un avantage concurrentiel en particulier auprès des nouvelles générations d’assurés qui attendent avant tout une expérience multicanal véritablement personnalisée, mais aussi un prestataire de confiance. Une tendance déjà généralisée en dehors du secteur de l’assurance et que les assureurs ne peuvent plus ignorer.

De fait, comme je l’expliquerai dans ma prochaine chronique, certaines des entreprises ayant contribué à accroître les exigences des consommateurs pourraient bien prendre pied sur le marché de l’assurance, si ce n’est déjà fait.

Lire l’étude complète.

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