Les assureurs français ont compris l’intérêt de lancer des produits digitaux Après avoir observé la planification des opérations digitales, je décris aujourd’hui comment les compagnies d’assurance françaises adoptent la production et la livraison digitale.

La définition d’un nouveau produit passe par trois étapes fondamentales :

  1. La conception ;
  2. La construction, non pas d’une manière isolée, mais au sein d’un ensemble plus large, comme un écosystème ;
  3. L’exécution, qui correspond au lancement du produit digital.

Sans surprise, tous les assureurs proposent leurs produits sur Internet, voire sur mobile, avec parfois des offres purement digitales, comme l’assurance auto pour les jeunes conducteurs. De même, ils ont développé des offres numériques dans la gestion des risques pour les entreprises.

En Europe, Accenture Research a observé que 75 % des assureurs recourent au crowdsourcing et à d’autres initiatives innovantes afin de faire émerger des idées originales. Mais, à vrai dire, la difficulté de cette nouvelle source d’idées est de les transformer en pistes concrètes. C’est dommage, puisque les assureurs français sont 83 % à utiliser l’ « open innovation ». Ce chiffre tranche d’ailleurs avec l’image plutôt conservatrice de ce secteur.

Par ailleurs, il n’est pas neutre que les grands champions du digital investissent le secteur financier. La percée des GAFA dans les métiers historiques de la finance constitue une opportunité. En effet, plutôt que de chercher à évoluer sur une base solitaire, un assureur historique peut avoir intérêt à nouer des joint-ventures ou des partenariats avec d’autres secteurs d’activités en vue de développer des offres vraiment innovantes qui répondent aux besoins des assurés.

Je pense en particulier aux FinTech. Souvent rapidement décrites comme une menace, les FinTech sont en mesure d’accélérer la transformation des assureurs et de renouveler leur gamme de produits et services. D’une manière générale, le brassage d’idées au contact de nouveaux partenaires peut non seulement générer du new business, mais aussi fidéliser les clients déjà en portefeuille.

Dans leurs stratégies digitales, les assureurs français ont parfois du retard :

  • Ils tardent à transformer les anciens contrats en produits digitaux.
  • Seules 1/3 d’entre eux ont mis en place des solutions digitales avec leurs fournisseurs.
  • Dans la supply chain, seul un assureur français sur deux utilise le Big Data.

Sur tous ces points, les assureurs français pourraient communiquer davantage. C’est notamment le cas sur leur retour sur investissement, y compris en interne. Les analytics et l’exploitation des données pourraient être encore développés. Par ailleurs, ils auraient intérêt à influencer Bruxelles pour lever certaines barrières.

Les assureurs doivent aussi bien sûr suivre les dernières technologies pour rester à la pointe de la révolution digitale. En outre, les API (Interface de programmation d’application) ont tout intérêt à être préparées à agréger les meilleures offres du marché. Il faut aussi être en mesure de remplacer les anciens systèmes, afin qu’ils n’entravent pas le lancement de nouveaux dispositifs.

On le voit, ces mutations sont complexes. Dans mon prochain post, j’insisterai sur la vente des produits digitaux.

Pour en savoir plus :

Visiter : Convertir un intérêt digital en résultat mesurable

Télécharger l’étude : Le digital dans les services financiers en France : de la stratégie à l’entreprise durable

Visiter : Accenture Digital Performance Index : une transformation digitale en trompe l’œil

Télécharger : Performance Digitale des Entreprises Françaises

Lire l’article : Maturité digitale des banques : les encouragements avant les félicitations ?

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