Changer la culture d’entreprise pour accompagner sa transformation digitale (quelle que soit sa forme) est un projet sur le long terme qui nécessite beaucoup d’énergie, comme nous l’avons vu précédemment. La mise en œuvre de cette transformation nécessite aussi la formation et le recrutement de nouveaux talents qui deviendront autant d’acteurs et de vecteurs d’évolution de la culture de l’entreprise.

Ces nouveaux talents doivent apporter les compétences techniques spécifiques au monde du digital dont le manque est un frein souvent évoqué par les compagnies. Parmi les profils les plus recherchés, les spécialistes de l’analyse de données viennent en tout premier lieu. L’assureur digital pilotera son activité par les données, en s’appuyant sur une micro-segmentation fine de ses clients, lui permettant ainsi de répondre à leurs moindres changements de comportement. Par ailleurs, face à l’augmentation rapide des masses de données disponibles, la capacité à analyser et utiliser efficacement ces données devient de plus en plus un facteur de différenciation. Les professionnels de l’analytique sont donc déjà très demandés et rares sur le marché, il en va de même pour les experts du multi-canal et des canaux digitaux.

En s’intéressant de plus près à ce thème, mes collègues du Accenture Institute for High Performance, Elizabeth Craig, Charlene Hou et Brian F. McCarthy, ont démontré que le déséquilibre entre la demande et l’offre pour ce type de profil était une problématique réellement mondiale (voir l’étude « looming global analytics talent mismatch in insurance »). L’importance de l’analytique dans le secteur de l’assurance, dans le développement produit, le marketing, la distribution ou la gestion des sinistres, va croissante. L’accès aux compétences analytiques va constituer un vrai avantage concurrentiel pour les assureurs et on voit de plus en plus de compagnies investir dans des start-ups spécialisées dans ce domaine ou participer à la création de chaires dédiées à l’analyse des données.

En effet, nos analyses font apparaître une demande particulièrement forte et un déficit de talents aux Etats unis et en Angleterre. Dans une moindre mesure, cette dernière tendance se confirme en Europe continentale et en France, alors que dans le même temps, la Chine et l’Inde, qui mènent un effort massif de formation, pourraient avoir un surplus de talents dans ce domaine. Cette situation est d’ailleurs déjà examinée de près par de grands groupes opérant en Asie.

Au-delà de ces profils très spécialisés, les assureurs sont également à la recherche (et essaye d’attirer) des spécialistes du CRM (la relation-client) ainsi que des commerciaux, pour assurer leur développement sur de nouveaux marchés. (Consultez Accenture Interactive pour découvrir quels métiers du marketing seront plébiscités après la rupture digitale).

De même, une des tendances lourdes du secteur concerne la création, par les compagnies d’assurance, de centres ou laboratoires de compétences en analytique et digital. Il s’agit d’attirer les meilleurs profils dans un contexte fortement concurrentiel, mais aussi de répondre à une autre problématique : celle du renouvellement du métier d’assureur. En regroupant leurs équipes digitales, les assureurs cherchent à donner une nouvelle impulsion à leur métier, et à adapter leur organisation aux nouveaux enjeux digitaux qui demandent une vision de plus en plus transverse des clients, de l’entreprise et de ses processus.

En attendant mon prochain billet, je vous laisse méditer sur cette question : votre compagnie dispose-t-elle des talents nécessaires pour mener sa transformation digitale ?

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *