La voiture du futur, qu’elle soit intelligente, connectée ou autonome, changera la manière d’envisager la route pour les automobilistes comme pour les professionnels. Les assureurs doivent donc modifier leur approche pour s’y adapter. Plusieurs pistes sont possibles pour exploiter ces nouveaux filons.

Une récente étude de l’Université de Saint Gall et de l’Institut de Technologie de Zurich fait le point sur l’état du marché de l’assurance automobile en Europe, qui s’élève à 127,5 milliards d’euros, et sur les relations entre assureurs et constructeurs automobiles.

Elle démontre que les systèmes de télématique embarquée, qui permettent d’obtenir des informations précises et en temps réel sur l’utilisation des véhicules, contribuent à modifier leurs relations. Il en ressort que l’ensemble des parties prenantes ont intérêt à collaborer pour établir des solutions standardisées sur le plan technologique et réglementaire.

Vers une offre globale de services

La télématique permet à l’ensemble des partenaires concernés de regrouper des services dans une même offre dite de « mobilité » qui accompagne l’achat d’une voiture. Ce package peut inclure non seulement une assurance automobile basée sur l’usage réel du véhicule, mais aussi des services de diagnostic des véhicules à distance, des notifications d’incidents, et autres avantages.

Pour profiter de cette opportunité, les assureurs ont deux options selon l’étude suisse :

  • Ils peuvent concurrencer directement les constructeurs automobiles en développant leurs propres expertises et en nouant des partenariats dans les systèmes télématiques.
  • Ou ils peuvent coopérer avec les fabricants et intégrer leurs produits dans les processus de ces derniers.

Quant à la présence sur ce marché des acteurs des nouvelles technologies comme Google, qui développe déjà son propre véhicule autonome, les assureurs auraient tout intérêt à collaborer avec eux plutôt qu’à chercher à les affronter.

Un exemple de collaboration fructueuse

Un exemple illustre bien les nouvelles relations entre les assureurs, les constructeurs automobiles et les chercheurs.

En 2012, Ford a lancé son programme « Blueprint for Mobility » qui englobe différents aspects : les solutions embarquées de communication mobile, les véhicules intelligents et les systèmes globaux de transport. S’appuyant sur son modèle Fusion Hybrid (Mondeo Hybrid en Europe), le constructeur américain en collaboration avec l’assureur State Farm et l’Université du Michigan a dévoilé à la fin de 2013 un prototype de véhicule autonome.

Cette berline automatisée est équipée de 4 Lidars, dispositifs de mesure de distance à balayage laser, qui scannent en temps réel l’environnement du véhicule en 3D et à 360 degrés. Les premiers tests en conditions réelles, c’est-à-dire dans une ville factice de 13 ha créée sur le terrain de l’université, ont eu lieu cet automne. Et ils se sont avérés concluants. La voiture autonome est en marche.

Si Ford est sans conteste le leader du projet, l’implication de State Farm représente une nouveauté dans les relations entre assureurs et constructeurs jusqu’alors souvent tendues.

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