Les assureurs ont toujours été réactifs pour répondre aux besoins de leurs clients. Marketing direct et portails en ligne facilitent la compréhension et l’achat des produits d’assurance. Grâce à l’assurance automobile basée sur l’usage (UBI : Usage-Based Insurance), les bons conducteurs, et ceux qui conduisent peu, peuvent bénéficier de nouveaux services de prévention et d’une réduction de leurs primes.

Avec « l’économie du partage », les assureurs ont une nouvelle opportunité de s’adapter à l’évolution des besoins des consommateurs. Ce marché englobe la location de biens privés ou appartenant à des sociétés – généralement des voitures ou des biens immobiliers ; les propriétaires et locataires entrant en contact à travers un réseau en ligne de particulier à particulier. Aujourd’hui peu d’assureurs couvrent ce nouveau marché en pleine croissance, et la plupart n’ont même pas commencé à l’explorer alors qu’il présente de réelles opportunités.

En effet, l’économie du partage fait de plus en plus d’adeptes, particulièrement au sein de la génération du millénaire (Millennials) qui en prend le contrôle. Il est vraisemblable que ce concept de partage va continuer à se développer et s’étendre aux marchés professionnels. Les assureurs doivent donc s’interroger :

Comment tirer profit de ce comportement en forte croissance et, quels sont les adaptations requises de leurs business models pour satisfaire ces nouvelles demandes des consommateurs ?

Pour répondre, je vais dans ce premier billet définir l’économie du partage et citer quelques réussites avérées. Dans mon billet suivant, je détaillerai les 4 étapes à suivre par les assureurs pour tirer parti des opportunités offertes par l’économie du partage.

L’usage remplace la propriété

L’économie du partage propose aux loueurs et locataires potentiels de se rencontrer via des services en ligne. Les deux secteurs les plus convertis à ce nouveau modèle sont l’automobile et l’immobilier. Des entreprises telles que RelayRides aux Etats-Unis, Drivy ou Ouicar en France permettent à un particulier de louer la voiture d’un autre particulier pour quelques heures de courses ou plusieurs jours de vacances. Dans l’immobilier, Airbnb sert d’intermédiaire aux propriétaires pour louer leur maison ou simplement une chambre sur une courte période.

L’économie du partage se développe, des propriétaires louent d’autres biens tels que des places de parking, des outils, du matériel de camping ou même du matériel agricole. Le concept de base de l’économie du partage consiste à monétiser l’usage de biens que l’on possède mais que l’on n’utilise pas à plein temps. Pour les locataires, l’avantage est d’accéder facilement et rapidement à ces biens sans investir dans leur achat. L’accès aux biens devient un service payé en fonction du temps ou de la distance.

Une grande part de ce marché est gérée par des représentants de la génération du millénaire qui ont grandi avec ces idées de partage : ils ont loué ou payé au minimum l’accès à de la musique ou à des films. Restés tardivement chez leurs parents, beaucoup d’entre eux ont mis du temps à passer leur permis de conduire. Ils ne valorisent pas la possession des biens comme les générations précédentes. La conséquence est une diminution des achats chez les Millennials, notamment des biens les plus coûteux comme les voitures.

Les analystes de Frost and Sullivan estiment que le chiffre d’affaires de l’autopartage en Amérique du Nord atteindra 3,3 milliards de dollars en 2016 et rassemblera 9 millions de participants en 2020. Dans mon prochain billet, nous étudierons comment une compagnie d’assurances peut évaluer l’opportunité offerte par l’économie de partage en fonction de son business model et de sa propension au risque.

En savoir plus :

Lire “Lead the pack or follow the leader: Insuring risk in the sharing economy”

Regarder la vidéo “Insuring Risk in the Sharing Economy”

Contactez-moi pour en savoir plus sur l’économie du partage.

2 responses:

  1. Bonjour et merci pour ce billet ! Enfin l’économie de partage abordée sous l’angle de l’assurance !
    Ces nouveaux comportements, cette nouvelle philosophie même, de consommation n’a de cesse de s’étendre dans nombre de domaines !
    Une petite remarque toutefois si vous me le permettez ; vous dites “il est vraisemblable que ce concept de partage va continuer à se développer et s’étendre aux marchés professionnels” : parlez-vous ici des voyageurs d’affaires qui seraient amenés à utiliser ces nouveaux services ? Si tel est le cas, alors ce concept “ne va pas s’étendre”, il s’est déjà bel et bien étendu à la cible des voyageurs d’affaires !
    Et justement, les entreprises se trouvent face à un réel dilemme : satisfaire les collaborateurs en demande de bénéficier de tels services, mais comment garantir la sécurité des collaborateurs aujourd’hui ? Et par répercussion directe, comment les sociétés d’assurance vont-elles se positionner ? Car cette économie de partage est bel et bien inéluctable, les entreprises sont très en attente de vos réponses et de vos garanties en tant qu’assureurs…

    1. Bonjour et merci pour votre commentaire. Comme vous l’indiquez, l’économie du partage ne se limite pas au CtoC mais s’étend au monde de l’entreprise, soit que des salariés d’une entreprise aient recours à des services partagés à priori destinés aux particuliers, soit, et de plus en plus, au travers d’offres partagées dédiées aux entreprises : un nouveau champ de réflexion et d’innovation pour les assureurs intervenants en assurance entreprises.

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